Theodora

LA MARTYRE ET LE PÈRE BLANC

Dans cet opéra, Launis raconte le destin de martyre d’une jeune femme enterrée dans les catacombes de Sousse. La narration se passe sous la forme d’un rêve, celui d’un père blanc qui participe aux fouilles sur ce site.

L’action se déroule à Sousse du temps de l’antique Hadrumetum.

Resté inachevé, l’opéra féerique ne sera jamais joué. 

Opéra en trois actes

(quatre tableaux et un épilogue)

Père Blanc, vieillard aux cheveux blancs, vêtu d’un bournous blanc, est à la fois le conservateur et le guide de tombeau souterrain de l’ancienne ville sud-tunisienne d’Hadrum, et, ayant pris part aux fouilles, profondément attaché à ce travail. Nommé à un autre emploi, il doit partir. D’une tombe, où était peut-être enseveli un martyre, il a gardé un morceau de crâne et une moitié de mâchoire, et ces restes lui causent beaucoup de soucis.

Une femme bédouine, Khadra, parvient à apprendre l’existence secrète des ossements cachés et vole à père Blanc les sept dents de la mâchoire pour attirer sur elle une « baraka », puissance irrésistible. D’après les superstitions bédouines, le gardien, à qui on a volé les os, ressent et voit les choses extraordinaires ; tandis que le défunt à qui appartenait les ossements revit à nouveau avec son entourage.

Père Blanc conduit des touristes dans les voûtes souterraines, faisant visiter les tombeaux. Il raconte que, lorsqu’on a ouvert le tombeau de Théodora, de souche grecque, on a trouvé sur les os quelques traces de feu et le crâne brisé ; la poitrine portait, sur le plâtre, l’empreinte d’un bouquet de roses, peut-être des roses rouges.

À l’approche du soir, les Bédouins, Khadra à leur tête, pénètrent dans le souterrain pour voler les dents qui restent et qui appartiennent à Théodora. Père Blanc vient. Ils l’arrêtent, et tentent de lui faire dire où est le tombeau, le menaçant de l’ensevelir sous la voûte. Les lettres du tombeau de Théodora s’illuminent soudain, le tombeau se révèle lui-même. Khadra commence à l’ouvrir. Mais les voûtes des souterrains latéraux s’effondrent et tous les Bédouins s’échappent. Père Blanc veut demeurer pour garder le souterrain. Il craint un retour des Bédouins, il entend des plaintes au loin : Saïd est resté pris sous les décombres. Père Blanc le délivre, puis s’endort.

Il voit apparaître les hôtes du souterrain. Il reconnaît Théodora au milieu de ses amies. Il les suit pour voir la maison maternelle de Théodora.

On fête joyeusement le printemps dans le palais de la mère de Théodora, veuve d’un noble grec. Outre Théodora et ses amies et la maîtresse de maison, sont présents : le Préfet, le centurion Longinus et son fils adoptif Zotice, en habit de chef de tribu berbère. On joue au jeu de la rose. Le bonheur échoit à celle qui reçoit les roses rouges. C’est Théodora. Les parents proclament les fiançailles de Théodora et de Zotice. Le Préfet demande à Théodora d’offrir ses roses à Aphrodite qui a voulu son bonheur. Dans l’impossibilité de refuser, Théodora enlève de ses épaules une écharpe portant à l’intérieur un signe chrétien et en recouvre la statue de manière que ce un signe soit apparent, ensuite dépose ses fleurs confessant ainsi sa foi chrétienne. Après une scène déchirante où Zotice et le préfet lui demandent qu’elle répare son geste, les invités quittent le palais et on emporte Théodora ligotée.

 Il fait nuit, le cadavre de la jeune martyre Théodora morte dans l’arène est sur une bière dans le milieu de l’atrium, ses parents et amis chantent en la veillant ; les Bédouins qui furent ses amis laissent voir leur tristesse et lui font leurs adieux. Zotice place sur la poitrine de Théodora des roses rouges.

On emporte la bière.

À l’aube, Père Blanc sort du souterrain, en proie à une méditation profonde. Il contemple les ossements de Théodora qu’il sait maintenant être saints. Saïd vient et annonce que sa tribu promet de respecter dorénavant le souterrain et le fera aussi respecter par les autres. Khadra apporte à Père Blanc, en remerciement du sauvetage de son fils, les dents qu’elle a volées. Père Blanc peut maintenant partir.