JÄISET LIEKIT

Les flammes gelées

Opéra en un acte, 12 visions (pour la télévision)

D.M.
Pueri Septentrionis XII qui Antipoli in theatro bi duo saltavit et placuit 
Aux mânes de l’enfant Septentrion, âgé de 12 ans, qui parut deux jours au théâtre d’Antipolis, dansa et plut. 

L’auteur au lecteur

L’histoire de Septentrion – qu’on n’a pas encore traitée, autant que je sache, dans la littérature – est celle émouvante d’un jeune garçon, mort à l’âge de 12 ans, et qui aurait eu une belle carrière d’artiste. La pierre, qui a été érigée en raison de son décès prématuré, ne porte pas, comme c’était la coutume, le nom de la personne qui l’a élevée.

Ce qui veut dire que Septentrion était esclave et sans parents. Son nom nous fait supposer qu’il était de souche nordique, peut-être un descendant des fenno-germaniques, Vikings de la Scandinavie, qui ont été en contact par la mer avec la Bretagne, qui encore aujourd’hui, continuent leur ancienne activité commerciale, et dont l’auteur est un descendant.

Dans cette œuvre, l’auteur a emprunté des motifs mélodiques au folklore musical de Provence et de Scandinavie, pour apporter la couleur nécessaire à certaines situations. On ne peut pas prétendre que ces mélodies d’aujourd’hui ont été chantées pendant l’Antiquité dans les pays en question. Mais on ne peut pas dire non plus qu’elles ne sont pas un vieil héritage qui persiste encore aujourd’hui. En Provence, survit un jeu de doigts de deux personnes, « la mourra », qui était aussi connu par les Romains : mi digitis.

Pourquoi donc ne pas émettre l’hypothèse que certaines mélodies populaires sont d’antiques survivances ? Une mélodie scandinave, dont les premières mesures ont été utilisées dans cette oeuvre, ont très probablement une origine millénaire. Dans ces premières mesures, on découvre une suite de notes propres à la musique populaire : ré fa la do mi.  

Enfin, il faut souligner que les peuples primitifs des pays arctiques, tels les Esquimaux et les Lapons (Rappelons que ce texte a été écrit vers 1957. On dirait aujourdhui « Inuits et Samis »), ont un attachement viscéral à leur pays, bien que la vie y soit très précaire. On trouve un semblable régionalisme chez les autres peuples nordiques. On peut donc supposer que le pauvre Septentrion, malade, a langui, loin de sa terre natale, et qu’il avait encore en mémoire beaucoup de souvenirs.

Le titre d’origine Stella borealis a été modifié : désormais Jäiset liekit, Les Flammes gelées.

La scène

Une cour ouverte, servant de foyer aux artistes, à proximité immédiate du théâtre. Elle est entourée de colonnes corinthiennes. À l’arrière-plan, les statues des trois muses : Thalia, Melpomène, et devant elles, Terpsichore. Installation de style grec, à droite, un banc de marbre, couvert par quelques coussins et, à côté, une table de marbre. Éclairage de flambeaux. Sur la table et sur le socle des statues, brûle de l’huile d’olive dans des récipients ressemblant à des lampes de catacombe.

L’après-midi est avancé, la nuit descend rapidement, la lune éclaire la scène. L’action se passe vers la fin de l’empire romain.

Lieu de l’action : la ville gréco-romaine d’Antipolis au bord de la Méditerranée. 

1. Prologue

2. Esclaves à Rome

3. Chez César

4. Deux esclaves

5. Le pays méditerranéen

6. Le pays des nuits claires

7. Les flammes gelées

8. Le bonhomme de neige

9. La fête des trois muses

10. Libres à Rome

11. L’arbre blanc et l’étoile

12. Épilogue